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Littérature

Terminus les étoiles

Littérature

Terminus les étoiles
Auteur
Alfred Bester
Editeur
Folio SF (358 pages)
Genre
Science-fiction
Date de sortie
2 Janvier 2012
Note

14,7/20

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Le destin hors du commun de Gully Foyle

Le XXV° siècle, nouvel Age d’or

C’était un siècle fascinant. Une époque d’extrêmes et de monstres, où les limites de l’homme avaient une nouvelle fois été repoussées. Tout le système solaire habitable avait été conquis. Trois planètes et huit satellites abritant une masse grouillante de onze mille milliards d’êtres humains. Une civilisation florissante et enthousiaste. Mais pendant que l’homme s’évertuait à découvrir de nouvelles frontières hors du système solaire, la plus précieuse de toutes, si proche, venait d’être franchie : celle de l’esprit humain.

Charles Fugg, bien involontairement, avait offert à l’humanité son bien le plus précieux : la fuggue, la capacité par l’esprit de se téléporter instantanément sur des centaines de kilomètres. Un bouleversement social sans précédent qui a réorganisé toute la société, reléguant les transports traditionnels au rang d’antiquités ; réhabilitant la vieille pruderie victorienne à une heure où l’intimité pouvait être violée à tout moment ; brisant le fragile équilibre économique entre les Planètes Intérieures et les Satellites Extérieures ; déclarant finalement une nouvelle ère de belligérance dans ce creuset bouillonnant qu’était devenu le système solaire.

Victime collatérale du conflit armé, Gully Foyle : homme moyen sans aspirations, argotier des bas-fonds remplissant sa tâche d’assistant mécanicien sur le vaisseau Nomad avec aussi peu de passion qu’en ressentent les instruments dont il a la garde. Prisonnier dans les résidus à la dérive de son vaisseau éventré par une armée adverse, Foyle va survivre six mois dans l’espace profond, automate humain remplissant simplement son devoir d’être vivant.

Puis va passer le Volga, froide silhouette de métal croisant l’épave erratique du Nomad. Vaisseau allié qui pourrait le sauver, mais va délibérément l’ignorer. En quelques instants, Gully Foyle, va naître, vivre, et mourir. Ce qui en sortira n’aura plus rien de l’être léthargique qu’il était. Condensé de haine et de fureur, tigre aux traits humains, celui qui était Foyle va jurer de vivre et de se venger du Volga. Tel un arc bandé en direction de sa cible, il va devenir une arme meurtrière, exclusivement dévolue à l’accomplissement de son but, embrasant le système solaire tout entier dans l’éblouissant sillage de sa destinée hors du commun.

Un tour de force scénaristique

Terminus les étoiles est semblable au destin de Gully Foyle : étincelant et sans commune mesure, se terminant en une apothéose grandiose. Roman de science-fiction à défaut de meilleure classification, l’histoire ne s’embarrasse pas à jouer avec les prophètes technologiques. Les seules sciences dont il est réellement fait mention sont les sciences humaines, psychologie et psychiatrie principalement. Et c’est bien normal, car deux éléments suffisent à définir le noyau scénaristique, libéré ainsi du carcan scientifique.

La fuggue déjà, physiquement incompréhensible même à l’époque de son utilisation quotidienne, qui définit l’univers tout en lui conférant ses limites. Gully Foyle de l’autre, personnage polymorphe, monstre de pugnacité et de violence contenue, archétype de l’homme commun qui transcende sa condition. Réinterprétant avec brio le mythe d’un Prométhée moderne, dérobant le PyRe à Prenstein pour l’offrir à l’homme de la rue, Gully Foyle termine sa folle ascension en Icare triomphant, premier homme à atteindre le Soleil (littéralement) et à en revenir.

D’une écriture limpide, Alfred Bester brosse une fresque épique qui modernise diverses inspirations mythologiques pour produire une œuvre mémorable de l’histoire de la science-fiction. Un chef-d’œuvre.

Notre avis : 16/20