
11,5/20
2 notes
Par un extraordinaire effet domino qu’il serait vain de chercher à décrire en quelques lignes, nous retrouvons Super Patriote, ou du moins son double inter-dimensionnel, au sein d’un univers parallèle où il vient juste de se découvrir père de deux jumeaux, à présent adultes, Liberty et Justice.
Alors qu’il reprend à peine sa carrière de super-héros, il va à nouveau se heurter à l’ancien officier SS Hakenkreuz, et à ses armées de cyber-nazis. Pas facile pour John Armstrong de conjuguer un semblant de vie de famille avec sa progéniture tout juste découverte,adm un début de relation avec la belle Claire Bono, et de combattre en même temps les forces du Mal.
Les plans machiavéliques de son ennemi qui est parvenu à rendre à Hitler, désormais prisonnier d’un corps de singe cybernétique, ses souvenirs, n’aident pas vraiment, il faut l’avouer. Mais finalement, pour l’ancien héros de la Seconde Guerre Mondiale, le plus dur est peut-être, finalement, de se rendre compte que l’on vieillit…
Porté par le succès de The Walking Dead et son excellente adaptation par AMC, le scénariste Robert Kirkman a décidément une actualité très chargée. Entre la suite de sa série phare, les derniers tomes d’Invincible, l’arrivée chez Glénat du tout nouveau Wolf-Man, il trouve encore le temps de ressortir du placard un héros vieillissant de Dragon Savage : Super Patriot.
Ennemi juré du III° Reich, Super Patriot, tout de métal et d’armes intégrées, combat depuis le début des années 40 le mal et la croix gammée, à l’image d’un Captain America, l’humour en plus. Mais cette petite dose de folie joyeuse associée au nom de Kirkman suffisent-ils à sauver un personnage qui ne brille pas par son originalité, malgré un second degré assumé ?
Rien n’est moins sûr. Commençons néanmoins par les points forts. Pour les néophytes, qui, comme moi, prennent en cours les aventures du super-héros, l’éditeur a eu la bonne idée de prévoir un récapitulatif détaillé et explicite du passif du personnage et de sa situation actuelle. Un effort appréciable qui permet de rattraper le train en route assez facilement. Les péripéties du héros à la bannière étoilée offrent également quelques délires scénaristiques réussis, notamment l’incongruité d’un Hitler simiesque au corps robotique. Des situations plutôt fun qui parviennent à faire sourire à quelques reprises. Mais en dehors de cela, le contenu est plutôt maigre…
Passons sur la performance de Cory Walker, médiocre en dehors des illustrations pleine page. La réelle question est plutôt de savoir si ressusciter Super Patriote était vraiment pertinent ? Le héros a bien vieilli, et même le scénariste s’en rend compte en tentant de jouer dessus –avec un petit succès. Les apparitions fugaces de ses compagnons d’aventure ne rajoutent pas grand-chose, si ce n’est l’impression d’avoir raté le passage éclair d’une obscure guest-star. L’ensemble parait du coup vu et revu, et ne plaira vraiment qu’aux nostalgiques ou aux fans d’Invincible. Finalement, on sent Kirkman peu à l’aise dans ce genre de reprise, malgré leur popularité aux USA.
Allez, on ne passe pas un mauvais moment, mais pour la prochaine fois, il faudra songer à éviter le recyclage. Et puis, après ce premier volume Le dernier rempart, il en reste encore deux autres aux auteurs pour nous convaincre de sauver Super Patriote.