
14,8/20
7 notes
Vous pensiez pourtant avoir tout vu. Depuis que ces satanés portails ont commencé à s’ouvrir un peu partout en ville, vomissant un flot de créatures de cauchemar que même un bon vieux Colt .45 me parvient pas à tenir en respect, les choses n’ont pourtant fait qu’empirer. Innsmouth, Kingsport et Dunwich semblent tout autant touchées par la malédiction, d’après les nouvelles qui vous sont parvenues de la gare, et au rythme où les choses se profilent, les résidents de l’Asile d’Arkham seront bientôt plus sains d’esprits que ceux qui trainent dans les rues.
Mais là, les choses vont trop loin : sous les bancs des amphithéâtres désertés de l’Université Miskatonic, une nouvelle Horreur s’éveille. Le dernier bastion du savoir et de la raison, dont les rayonnages fatigués abritaient jusqu’au Nécronomicon, l’ouvrage maudit écrit par l’arabe fou Abdul Al-Hazred, cède à son tour face à la décadence ambiante.
Il est temps de graisser votre fidèle Colt, et de passer un coup de bigot à cette vieille Gloria. Peut-être qu’entre ses sortilèges et votre arsenal, vous pourrez faire la différence avant qu’une créature encore pire que les autres ne finisse par avoir la peau de cette fichue ville !
Vingt-cinq ans après sa première édition américaine chez Chaosium, Horreur à Arkham, le jeu de plateau collaboratif basé sur la célèbre œuvre de Lovecraft, n’en finit plus de confirmer un succès bien mérité. Avec le soutien de ses nombreux afficionados, la gamme s’est progressivement étoffée pour devenir un véritable mastodonte, réunissant pas moins de trois extensions majeures et quatre boites plus petites. Face à cette profusion d’offres, la toute nouvelle extension à fait le choix de cibler prioritairement les plus gros joueurs, en n’offrant pas réellement de nouveaux contenus mais en complétant chacune des extensions déjà publiées.
Bien que l’Horreur de Miskatonic puisse être jouée avec seulement la boite de base, la possession d’un maximum d’extensions est fortement conseillée pour en profiter au mieux. Particulièrement les extensions majeures que sont l’Horreur de Dunwich, l’Horreur de Kingsport et l’Horreur d’Innsmouth. Inutile donc de vous diriger directement vers cette boite si vous êtes un nouveau joueur.
Pour s’adapter à chacune des extensions, HdM se devait donc de fournir des éléments de jeu très disparates, chacun en petite quantité, pour étayer chacune des extensions antérieures et répondre à leurs spécificités. Avec un total de 448 cartes, 8 feuillets, 38 pions et 3 marqueurs, la diversité est assurée. En voici les détails exhaustifs :
Un inventaire très impressionnant, mais n’oublions pas qu’à cinquante euros l’extension, on est en droit d’attendre un joli contenu. Au vu du prix, la boite parait même finalement un peu vide.
Malgré sa cherté relative, HdM sait parfaitement renouveler l’expérience de jeu pour les joueurs les plus aguerris. Si vous pensez avoir exploré en long en large et en travers chacune des extensions précédemment parues, vous trouverez dans celle-ci un nouvel eldorado. Les très nombreuses nouvelles rencontres y sont pour beaucoup. Attendez-vous à retrouver votre plateau agréablement remis à neuf par l’ajout de ces paquets de cartes qui donneront indéniablement un nouveau souffle à vos habitudes de jeu sans trop les perturber.
Côté nouveautés en revanche, on est bien moins servi : ce n’est pas l’objectif principal de l’extension que d’amener de nouveaux mécanismes de jeu, et ça se ressent. Anecdotique, l’option Institution n’est pas très bien équilibrée, et s’avère selon la carte tirée complètement inutile.
Destinée principalement aux gros joueurs qui souhaitent apporter un renouveau à leurs parties, l’Horreur de Miskatonic réussi bien son pari, et aurait pu prétendre à être une excellente extension si son prix, un peu trop élevé, n’avait pas rehaussé nos attentes. Si vous pouvez vous le permettre, allez-y sans crainte, mais s’il vous manque d’autres boites dans votre collection, peut-être devriez-vous songez à les acquérir avant.