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Manga/Anime

Ethnicity 01

Manga/Anime

Ethnicity 01
Auteur
Nobuaki Tadano
Genre
Shonen, SF
Editeur (France)
Doki-doki (1 tome sur 3)
Date de sortie (Tome 1)
14 Mars 2012
Note

12,8/20

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La protection passe par la surveillance

La vie rêvée des citoyens de Sensoram

Le pire est finalement arrivé, la catastrophe écologique que tout le monde redoutait. Famines, réfugiés climatiques, guerres de ressources, les maux se sont succédés, frappant durement l’humanité et sa planète. Pour contenir des dégâts et éviter qu’il ne se reproduisent, tous les gouvernements ont d’un commun accord décidé d’adopter des mesures drastiques : un système automatisé de régulation de la population.

La notion de famille a été abolie, chaque citoyen soumis à l’autorité d’un E-Pet (Electronic Personnal Tutor), compagnon virtuel de chaque instant qui se charge de l’éducation de tous. Pour assurer la survie de l’humanité, chaque mégalopole soumet ses habitants à des règles strictes : dotés de 100 points de citoyenneté, ils doivent se plier aux législations en vigueur en toutes circonstances sous peine de voir leur total dégradé, signifiant pour eux une perte d’accès aux équipements et services de les villes, gratuits pour tous les bons citoyens, puis , arrivé à zéro, un exil définitif.

Niko est une jeune fille très prometteuse de l’agglomération de Sensoram, où elle étudie sous le regard vigilant de Kuné, son e-Pet personnel aux allures de chat. Mais une rencontre fortuite avec Astha, un garçon récemment arrivé dans sa classe, va faire basculer sa vie après qu’elle a vu qu’il disposait d’un revolver. Une arme, alors que tous les citoyens ont reçu des instructions génétiques les y rendant allergiques.

En suivant Astha hors de Sensoram, elle va découvrir qu’il existe des zones qu’aucun plan n’indique, des zones où la mort est présente, et où même son e-Pet n’est plus son ami. Peut-être que sous son vernis brillant, la vie à Sensoram n’est pas si rose que ça ?

Ethnicity – Planche intérieure, tome 1

Une dystopie gentillette sur fond ecolo

La première chose qui frappe en lisant Ethnicity, pour un manga qui se revendique seinen, c’est son côté gentillet, voire simpliste, et le jeune âge de ses protagonistes. Malgré un style graphique anguleux aux allures plutôt matures, c’est finalement un scénario très shonen que celui de Tadano Nobuaki (7 milliards d’aiguilles).

En premier lieu par l’âge de ses héros, Niko et Astha, tous deux encore au collège. Ensuite, par les libertés prises avec le réalisme, souvent simplifié à une cohérence de façade. Ainsi les e-Pets, très utiles aux enfants et adolescents, perdent fatalement de leur impact auprès des adultes sans l’auteur ne s’y attarde, préférant éluder la question. Du coup, l’univers entier d’Ethnicity semble un peu artificiel, bloqué aux encoignures par un réalisme bancal mis au service de l’histoire sans souci de vraisemblance réel.

Abstraction faite de son background un peu brouillon, Ethnicity s’en sort plutôt bien. La découpe très lisible, les dialogues efficaces et une action rapide nous font rapidement entrer dans l’ambiance délétère qui se cache derrière les beaux jardins de Sensoram. Le dessin d’Ethnicity a lui aussi son charme, et sans être trop exigeant, parvient à offrir de jolies planches.

En attendant de voir ce que nous réservent les tomes 2 et 3, le démarrage de la cycle court, malgré de grosses lacunes qui pénalisent son démarrage, arrive à bien jouer de ses atouts pour nous intéresser au destin des exilés de Sensoram.

Ethnicity – Planche intérieure, tome 1

Ethnicity 01 : Volume #02

Comme il fallait s’y attendre, pour avoir découvert les zones blanches, ses combats et ses crache-morts, la jeune Niko a perdu sa citoyenneté. Avec elle, son E-Pet, ses possessions, et son droit de séjourner à Sensoram. Chassée dans une zone blanche, elle va devoir intégrer les rangs de ceux qu’il n’y a pas si longtemps elle considérait encore comme de dangereux marginaux.

Pendant ce temps, Keô, le charismatique leader au gène révolutionnaire, déclenche une véritable hécatombe sur son passage. Bien décidé à obtenir la chute de Sensoram et l’unification des zones blanches sous sa bannière, il ne se soucie plus guère des conséquences à court terme de ses actions. Mais malgré son assurance et son apparente invulnérabilité, Keô ignore que derrière-lui, quelqu’un tire les ficelles et joue avec leurs vies comme avec celles de simples pantins.

Une intrigue qui s’étoffe mais un univers toujours immature

Après un premier tome traité de façon très superficielle, la trilogie de Tadano Nobuaki prend dans ce second volume un peu plus d’ampleur. Les évènements s’y précipitent, l’action, plus présente camouflant ainsi la légèreté du background.

Car sous une façade de cohérence, il est toujours aussi vain de chercher une justification rationnelle à l’univers d’Ethnicity 01. Les comportements parfois caricaturaux et des incohérences mineures gâchent le plaisir de la lecture. Du coup, bien que plus réussie que le premier volume, cette suite n’en garde pas moins les faiblesses.

Toujours en demi-teinte, le manga a peut-être le tort de vouloir ratisser trop large, ne sachant se décider entre shonen et seinen et peinant finalement à trouver sa voie. Son format court (3 tomes), évite heureuse toute lenteur, et, en maintenant un rythme rapide, empêche le lecteur de se disperser et retient son attention. Sauf surprise sur la fin, Ethnicity 01 restera donc une production marginale, de qualité honnête mais sans identité propre.

Date de publication du troisième et dernier tome : 12 Septembre 2012.

Ethnicity – Planche intérieure, tome 1
Notre avis : 11/20