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Manga/Anime

The Arms Peddler

Manga/Anime

The Arms Peddler
Scénariste
Kyoichi Nanatsuki
Dessinateur
Night Owl
Editeur
Ki-oon (4 tomes, en cours)
Date de sortie (tome 4)
30 Aout 2012
Note

17,4/20

141 notes
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Far West et magie noire pour le successeur d’Ubel Blatt
The Arms Peddler – Header

100 pièces d’or pour une vie

Sona n’a guère eu de chance dans la vie jusque-là… Jeune fils d’un couple de marchands, sa caravane a été attaquée par le sanguinaire gang d’Hydra. Ses parents torturés et tués, Soma est marqué au fer rouge et laissé en vie par le cruel chef du groupe de pillards, afin que cet unique survivant du massacre puisse propager la légende de sa puissance et de sa bestialité.

The Arms Peddler – Garami la marchande d’armes

Sauvé de la déshydratation par la marchande d’armes Garami, le jeune rescapé va devoir apprendre rapidement les lois qui régissent les terres où ils se trouvent. Par exemple, que pour l’avoir sauvé, la belle guerrière est désormais propriétaire de sa vie, jusqu’à ce qu’il ait remboursé son dû. Et la marchande l’a fixé à pas moins de 100 pièces d’or, soit un million de taals. Une somme insignifiante pour un riche noble du Balzar, mais le résultat de plusieurs vies de labeur pour un pauvre pionnier.

Pour gagner sa liberté, le garçon va devoir accompagner Garami dans ses dangereuses tribulations, découvrant la dure réalité qui prévaut dans les terres arides qu’ils traversent. Ici, la loi du plus fort est toujours celle qui l’emporte, et l’être humain n’est bien souvent qu’une marchandise pour ses semblables ou une proie pour les créatures qui hantent ces territoires.

Nécromancie et gros flingues au menu

The Arms Peddler reprend un concept déjà bien connu grâce au jeu de rôles Deadlands : the Weird West : celui d’un Far West peuplé d’abominations inhumaines, où la nécromancie la plus noire le dispute en horreur aux monstrueux Manitous, devenus ici démons et créatures fantastiques.

Passé à la moulinette de la culture nippone et inspiré par le mélange d’érotisme et de violence d’un Ubel Blatt présenté comme son père spirituel, le manga a quelques chose de jouissif dans le déferlement de cruauté et de cynisme qui accompagne son déroulement.

Découpé en Stigmates, chapitres qui constituent autant d’aventures de l’improbable couple que forment Garami et Sona, The Arms Peddler se présente comme une succession d’histoires courtes, qui constituent chacune une étape sur le chemin de Soma vers la liberté, mais pourraient presque être lues séparément. D’une rencontre avec des villageois esclaves d’un monstre volant à la confrontation avec un mort-vivant revenu venger ses illustres parents, l’univers est original, plein de richesse, et délicieusement amoral.

The Arms Peddler – Soma regrettera souvent ce choix

Héritier d’Ubel Blatt par son traitement, The Arms Peddler n’a en revanche que peu à voir avec la dark fantasy. Avec son ambiance à la Fallout ou la Mad Max, mélange de technologies oubliées (Garami vend de nombreuses armes à feu, vestiges d’un lointain et glorieux passé) et de retour à la barbarie médiévale, dans un monde victime d’une dégénérescence de son savoir et de son savoir-faire, l’univers s’inscrit plus dans la tradition du post-apocalyptique.

Au dessin, le collectif Night Owl (anciennement 28Round, qui avait signé Over Bleed), malgré un style plutôt conventionnel, rend une copie irréprochable. Fluide et dynamique, le trait est par ailleurs très fouillé et regorge de détails. Malgré une lecture difficile aux premier abord, les scènes d’actions sont particulièrement mises à l’honneur par ce traitement.

Vendu un peu trop hâtivement comme le successeur d’Ubel Blatt, The Arms Peddler, novateur et plein de surprises, devrait tout à la fois séduire les fans du premier titre de par son ton, mais également ceux que l’histoire trop guerrière de Koinzell a déçu. Plus rapide, plus diversifié, cette nouvelle série emprunte des voies différentes, mais tout aussi palpitantes.

The Arms Peddler – Garga le Garon

The Arms Peddler, tome 2 : le château de Yuga

Garami aurait-elle définitivement abandonné Sona malgré la dette qu’il doit encore lui rembourser ? Vendu par la marchande d’armes comme simple esclave, il découvre que le palais du baron Oulardt renferme des prisonniers bien plus précieux que lui : ainsi la princesse Airi Caradiam, au centre d’un houleux échange entre la secte Zora et les fidèles de son peuple.

Pour éviter à la princesse de devenir esclave, il va l’aider à s’échapper. Dans leur fuite, ils vont trouver un puissant allié en la personne de Garga le Garon, fier représentant d’un peuple léonin que beaucoup considère comme de véritables monstres au combat.

En quoi toute cette agitation pourrait-elle bien profiter à Garami, qui semble tirer les ficelles en faisant et défaisant les alliances, et en manipulant tout son monde ? Serait-ce un nouveau contrat à honorer ? Même l’ingénieuse marchande d’armes semble avoir des ennemis, aussi puissants et déterminés qu’elle. Dans l’effroyable chaos que Garami semble déclencher partout sur son passage, Sona va-t-il réussir à survivre et racheter un jour sa liberté ?

Sept nouveaux Stigmates séparés en deux grands chapitres (Le château de Yuga et Dans les entrailles de la Terre) composent ce second tome, au souffle épique toujours aussi marqué. Offrant une belle continuité avec le début de la série, Arms Peddler poursuit avec les valeurs esquissées dès le départ. On retrouve donc l’univers impitoyable de notre far-west gothico-punk, où l’honneur le dispute à la férocité. Le nouveau personnage de Garga, mélange de puissance bestiale et d’honneur rigide, en est le parfait archétype.

Visuellement, The Arms Peddler dépote toujours autant. Chaque page est sublime, et Night Owl maîtrise parfaitement son tracé, y insufflant un dynamisme exemplaire. De plus en plus, le manga s’oriente donc vers une série d’action, qui n’est pas sans rappeler Gunnm, tant dans le dynamisme de l’image que dans son mélange entre armes à feu et combat au corps-à-corps.

Garami, aussi puissante que mystérieuse, commence également à se révéler. On lui découvre ainsi des ennemis, et, peut-être même… des compagnons ? Heureusement, Ki-oon ne nous laissera pas le temps de souffler, puisqu’avec un rythme de publication d’un album tous les deux mois, le troisième opus ne devrait pas tarder à sortir en bacs.

The Arms Peddler – Tomes 2 et 3, couvertures

Changement de rôles pour Sona et Garami

Echappés de justesse de la cité de Yuga, Sona, Garami et la jeune princesse Caradiam rejoignent un temps les rangs protecteurs de la Guilde des Armuriers, où ils sont accueillis par Genzo en personne. Chef de section de la Guide, le vieux marchand est également le mentor de Garami, à qui il a tout appris.

Mais cet asile providentiel ne sera que de courte durée : la fronde de Garami lui vaut bientôt d'être exclue de la Guilde, qui refuse de se mettre à dos le Balzar et ses riches négociants. Avec une prime de 10 millions de taals sur sa tête, la farouche marchande va vite devenir la cible des plus dangereux chasseurs de primes que compte la région. Des adversaires redoutables, même pour les talents exceptionnels de Garami.

Seul Sona, devenu membre honoraire de la Guilde, peut à présent porter secours à son ancienne employeuse. Alors que les rôles s'inversent, nos infortunés compagnons vont se retrouver traqués de toutes parts. Obligés de se réfugier dans une mystérieuse forêt, ils vont y rencontrer des clients particulièrement peu recommandables…

Après deux premiers tomes de présentation, qui, s'ils dévoilaient un univers fascinant et des graphismes tout aussi époustouflants, ne traçaient pas réellement de ligne directrice, The Arms Peddler se dote enfin d'un début de continuité. L'apparition d'ennemis suffisamment redoutables pour tenir tête à Garami et l'introduction d'une quête personnelle dans le background du personnage définissent tout à coup une ligne directrice un peu plus claire. Un point crucial pour ne pas subir les errances d'un Ubel Blatt qui s'était au fil des tomes perdu par manque de finalité dans ses objectifs.

Malheureusement, ce développement scénaristique tombe un peu comme un cheveu sur la soupe. Kyoichi Nanatsuki concède d'ailleurs lui-même en avoir eu l'idée suite à un simple rêve, qu'il a décidé après coup d'incorporer à son manga. Si pour le moment, son univers se suffit à lui-même, après quatre tomes l'auteur a clairement besoin de définir une ligne narrative sur laquelle faire avancer ses personnages. Faute de quoi, à terme, il finira par lasser ses lecteurs. S'il semble l'avoir compris, le résultat est encore loin de ce qu'il devrait être. Due principalement au hasard semble-il, le rassemblement des éléments scénaristiques fait trop artificiel pour que l'on y croit vraiment. Un grimoire sorti de nulle part, des épées aux pouvoirs jusque-là ignorés, … pourquoi-pas, mais alors, pourquoi juste maintenant ?

Alors que le manga s'annonçait comme l'un des nouveaux piliers de la fantasy post-apocalyptique, cette absence de prise de décision quant à l'histoire à long terme fait finalement craindre le pire. Faute de scénario tracé, The Arms Pedler risque rapidement de se diluer et de perdre de son mordant. Reste à espérer que s'étofferont les premières brides de background mises en place, et que l'action parvienne rapidement à s'articuler autour d'une quête cohérente.

The Arms Peddler – Tomes 3 et 4, couvertures

Date de publication du tome 5 : Inconnue.

Notre avis : 15/20